Comment choisir la bonne couverture quand on est freelance ?

#Administratif #Assurance #Tips

Se lancer en tant que freelance, c’est souvent choisir la liberté et l’indépendance. Mais saviez-vous qu’avec ce statut d’indépendant, vous abandonnez aussi quelques avantages qu’ont les salariés au niveau de leur protection ? Quels sont-ils ? Comment vous protéger ? On vous explique tout !

Quelles sont les différences entre les salariés et les freelances ?

Les employeurs se doivent de fournir à leurs collaborateurs des contrats d’assurance santé. Les freelances, eux, n’ont pas accès à cet avantage.

Les complémentaires santé pour les salariés et pour les freelances.

Depuis 2016, les entreprises du secteur privé doivent proposer une complémentaire santé à tous leurs salariés et financer au moins 50% de leurs cotisations. Grâce à cette protection, les frais médicaux des salariés peuvent diminuer de quelques euros à plusieurs centaines d’euros.

Imaginez, par exemple, Maxime, un cadre du secteur privé qui a besoin d’une paire de lunettes à 300€. La Sécurité sociale, qui va venir rembourser les frais de tout le monde, ne va prendre en charge qu’une trentaine d’euros. Mais grâce à la complémentaire santé fournie par son entreprise, Maxime bénéficie d’un forfait supplémentaire de 250€. Il n’aura donc à sa charge qu’une vingtaine d’euros.

De leur côté, les freelances n’ont pas d’employeur pour leur fournir une mutuelle santé. Et, même si la nouvelle réforme des remboursements de santé (le 100% Santé) va permettre à tout le monde de bénéficier d’un équipement intégralement remboursé,  il sera quand même possible d’opter pour une paire de lunettes plus à son goût mais non prise en charge entièrement. Dans ce cas, de nombreux articles (comme celui-ci : https://www.acuite.fr/actualite/legislation/150203/reforme-100-sante-en-magasin-3-scenarios-de-prise-en-charge-de-vos) expliquent que les complémentaires santé viendront compléter les frais hors du panier 100% Santé.

Si Fabien, un rédacteur freelance, décide de choisir des lunettes du panier 100% Santé, il n’aura aucun frais à sa charge. Mais s’il opte pour une paire de lunettes à 300€ et hors du panier, il aura donc près de 270€ à sa charge s’il n’a pas de mutuelle santé. S’il avait souscrit une complémentaire santé, Fabien aurait pu, lui aussi, bénéficier d’un forfait et donc diminuer ses frais.

Les différences de la couverture de prévoyance pour les salariés et les freelances.

Les contrats de prévoyance, qu’ils soient collectifs ou individuels, permettent d’anticiper les accidents de la vie : une maladie ou une invalidité par exemple (cf. https://mutuelle.dispofi.fr/prevoyance). Grâce à ces contrats, il est donc possible de mettre en place une couverture pour soi-même ou pour sa famille afin de pouvoir faire face à ces difficultés.

En étant salarié d’une entreprise, on peut bénéficier d’une double couverture :

  • Celle du régime obligatoire (l’Assurance Maladie) qui va proposer une indemnisation,
  • Un contrat de prévoyance proposé par son employeur.

Là encore, les freelances ne peuvent pas bénéficier du contrat fourni par une entreprise, mais peuvent opter pour ces contrats d’assurance de manière individuelle. Comme pour les salariés, leur régime obligatoire (SSI, CIPAV, CPAM, etc.) va également pouvoir leur fournir une indemnité s’il leur arrive quelque chose. Cependant les montants ne sont pas toujours équivalents.

Prenons une salariée du secteur privé, Marion. Après un accident de la route, Marion ne va pas pouvoir travailler pendant 15 jours. Son régime obligatoire va lui permettre de bénéficier d’indemnités journalières dont le montant sera égal à 50% de son salaire par jour, et cela jusqu’à 45,01€ par jour (comme l’explique Ameli.fr : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres/arret-maladie). En parallèle, son entreprise va pouvoir l’indemniser à hauteur de son salaire journalier de base.

De son côté, Julie est freelance. Tout comme Marion, après un accident, elle ne va pas pouvoir travailler pendant 15 jours. Si elle relève de la Sécurité sociale des Indépendants (ex-RSI), ses indemnités journalières vont alors dépendre de ses revenus annuels :

  •  Si son revenu annuel est supérieur à 3 919,20€, elle pourra toucher de 5,37€ à 55,51€ si elle s’est lancée en tant que micro-entrepreneure, ou de 21€ à 55,51€ pour d’autres formes d’entreprise (EURL, EIRL…).
  • Si son revenu annuel est inférieur à 3 919,20€, elle ne sera pas indemnisée en tant que micro-entrepreneure, et le sera de 21€ pour un autre statut (cf. https://www.secu-independants.fr/sante/indemnites-journalieres/montant-de-lindemnite/).

Tout comme pour les complémentaires santé, il peut donc être intéressant pour les freelances de souscrire une assurance prévoyance. En effet, une telle assurance va vous permettre de sélectionner un montant d’indemnités (journalières en cas d’arrêt de travail temporaire, mensuelles pour une invalidité permanente, ou même un capital pour vos proches en cas de décès) qui viendront compléter celles du régime obligatoire.

De cette façon, Julie pourrait percevoir, quel que soit son revenu annuel moyen, une indemnité de base dont elle aurait choisi le montant. Et cela, qu’elle soit en micro-entreprise ou non.

La mise en place d’un dispositif favorisant la protection des freelances : la loi Madelin.

Malgré tout ce qui a été dit précédemment, les freelances ont quand même un avantage que n’ont pas les salariés. En effet, pour encourager les travailleurs indépendants à se couvrir individuellement, la loi Madelin est apparue en 1994.

Ce dispositif permet à certains freelances de déduire une partie des cotisations de 4 types de contrats de leurs revenus imposables (comme expliqué ici : https://www.malakoffmederic.com/entreprises/protection-sociale/qu-est-ce-que-la-loi-madelin.htm). Cette loi concerne les contrats de mutuelle santé, de prévoyance, de retraite et de protection contre la perte d’emploi.

Attention : tous les contrats de mutuelle santé, de prévoyance, etc., ne sont pas concernés par ce dispositif. Mais évidemment, tous ceux qui le sont proposent les mêmes garanties que les autres contrats d’assurance.

Malheureusement, tous les freelances ne sont pas éligibles à cette déduction. En effet, la loi Madelin ne concerne que les travailleurs indépendants considérés comme travailleurs non salariés, c’est-à-dire les gérants d’EURL, d’EIRL et les associés majoritaires de SARL.

Comment choisir les bons contrats pour protéger sa santé et sa famille ?

Que cela soit pour un contrat de prévoyance ou une complémentaire santé, la démarche pour choisir le contrat qui sera adapté à sa situation et à ses besoins est toujours la même. Voici quelques pistes afin que vous puissiez vous protéger facilement.

Faire un point sur sa situation et ses besoins.

Choisir le bon contrat n’est pas toujours facile. Pour évaluer au mieux ses besoins, il faut essayer de définir ce qui nous est essentiel. Est-ce que j’ai besoin de changer mes lunettes dans l’année à venir ? Est-ce que je vais avoir besoin de soins coûteux comme une prothèse dentaire ? Est-ce que j’ai besoin d’une garantie pour une chambre particulière en cas d’hospitalisation ou je peux me contenter de partager une chambre ? Etc.

De la même façon, pour la prévoyance, il faut également faire un point sur sa situation : est-ce que mon chiffre d’affaire et mon statut me permettent de bénéficier d’indemnités en cas d’arrêt de travail ? Sont-elles suffisantes pour payer mon loyer, subvenir à mes besoins, etc. ? Combien me faudrait-il par jour pour subvenir à tout cela ? Et s’il devait m’arriver quelque chose de plus grave, comment ma famille s’en sortirait ? Etc.

Si vous avez des interrogations, il est possible de vous rapprocher d’un professionnel des assurances en ligne ou physiquement. Aujourd’hui, les formulaires de demande de devis sont généralement étudiés pour répondre au mieux à vos besoins. Et si cela ne vous a pas convaincu, un conseiller ou un courtier en assurances peut également faire cette exploration des besoins avec vous.

Être attentif à différents points des contrats proposés

Une fois ses besoins définis, il ne faut pas hésiter à demander plusieurs devis auprès de plusieurs assureurs : chaque contrat a ses spécificités qui peuvent vous convenir ou non. Il faudra donc bien être attentif à tous ces détails.

Dans un premier temps, il faut penser à bien vérifier que les devis proposés entrent dans votre budget, mais aussi que les garanties comprises correspondent à vos besoins. Il peut être intéressant de savoir que les sites d’assureurs ou de professionnels des assurances proposent de plus en plus des exemples de tarifs en fonction de profils bien définis, que cela soit pour les mutuelles santé ou les contrats de prévoyance (cf. https://bonne-assurance.com/prevoyance/classement/meilleures-assurances-prevoyance-micro-entrepreneurs). Si vous ne comprenez pas les garanties des complémentaires santé, il existe de nombreux simulateurs en ligne.

Il faut aussi faire attention aux exclusions des contrats : ce qui ne sera donc pas pris en charge pour une raison ou une autre. Par exemple, dans le cas d’un contrat de prévoyance, la garantie décès peut ne pas prendre en charge un décès par maladie si la personne assurée avait déjà des antécédents.

De la même façon, intéressez-vous aussi aux délais de carence. Ces délais correspondent au temps entre la date d’adhésion et la mise en fonctionnement de certaines garanties. Ils sont généralement mis en place pour éviter d’avancer des frais importants sur des contrats récents.

Avec ces conseils, vous allez pouvoir vous protéger au mieux et développer votre activité en toute tranquillité !

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